La crise en France

Le surendettement des ménages français dans un contexte d’explosion des dépenses.

J’ai décidé d’écrire sur le sujet en lisant dans la presse ces derniers jours que les Français estiment qu’il leur manque pas moins
de 510 € par mois pour vivre convenablement. (Baromètre Cofidis). Il s’agit vraisemblablement de la plus forte mesure depuis la création de cet outil.

Les chiffres

D’après les chiffres de la Banque de France de février 2022, le niveau d’endettement moyen des ménages français est supérieur à la moyenne de la zone euro, est à 68% (contre 62 en eurozone).

Rapporté au PIB, le niveau d’endettement a plus que doublé en 20 ans, passant de 33% à 68%. L’endettement total des particuliers atteint
1439 milliards d’euros, et l’habitat représente 84% de cette somme.

L’endettement des ménages français pour l’habitat représente donc 1208,76 milliards d’euros en 2022, pour comparaison le PIB de la France en 2021 est d’environ 2500 milliards d’euros.

D’après des chiffres datant de 2019 de l’INSEE, la moitié des ménages de 30 à 39 ans remboursent plus de 800€ par mois de crédit. La même année, 24% des ménages pauvres connaissaient un retard de paiement au cours des 12 derniers mois, contre 6% pour les ménages plus aisés. Pour rappel, le seuil de pauvreté pour 2021 pour une personne seul s’établissait à 1 102 euros net par mois.

Les garde-fous

Le taux d’usure fixé par la Banque de France est aujourd’hui de 2,57%, on s’attend à une hausse de ce dernier au mois d’octobre 2022. Les taux d’emprunts actuels étant plus proche des 2% sur 25 ans occasionnent le rejet de 50% des dossiers de crédit des primo-accédants. En effet les frais et les assurances emprunteurs font rapidement monter le taux d’emprunt au dessus du taux d’usure.

Les sociétés de crédit vérifient la solvabilité des emprunteurs et leur capacité de remboursement, en tenant compte de leur taux d’endettement.

Les crédits déguisés

On constate ces dernières années une véritable révolution avec la multiplication des possibilités de paiement en plusieurs fois. Ces solutions appréciés des plateformes de e-commerce s’appliquent presque sans aucun contrôle de solvabilité des acheteurs.

La sortie récente des nouveaux iPhones à des prix dépassant 1000€ sur toute la gamme a vu apparaître une association entre Apple et Alma le spécialiste français des paiements en plusieurs fois chez les commerçants.

Tous les acteurs e-commerces proposent dorénavant ces solutions, même en encourageant à leurs clients d’essayer. On pense par exemple à Paypal qui relance sans cesse pour essayer le paiement en 4 fois, à Oney qui propose le paiement en 4 fois à la Fnac, ou encore à toutes les cartes de crédit aux emblèmes des distributeurs, qui sont en fait du crédit revolving déguisé.

Pour rappel le crédit revolving est un crédit renouvelable consistant à mettre à disposition d’un emprunteur une somme d’argent réutilisable au fur et à mesure de son remboursement pour financer des achats non prédéfinis

Ces différentes formes de crédit déguisé ne concerne heureusement que l’achat de bien de consommation et pas l’immobilier.

Les dispositifs gouvernementaux

Les ménages français sont pour l’instant épargnés par les hausses des prix de l’électricité grace à la mise en place du bouclier tarifaire. Ce dispositif consiste en un gel des tarifs réglementés de vente notamment du gaz et de l’électricité.

Le gouvernement Borne devrait annoncer dans les prochains jours un hausse conséquente mais relativement contenue des tarifs, des bruits de couloir parle d’une augmentation aux alentours de 10%.

Ce bouclier ne concerne en revanche que les Particuliers, les Entreprises, elles, prennent de plein fouet la multiplication des prix des énergies.
Sans le bouclier tarifaire, les prix de l’électricité auraient augmenté de 40 % en 2022. La facture pour l’état s’élève à ce jour à 24 milliards d’euros.

Entre les deuxièmes trimestres 2021 et 2022, en cumulant le renchérissement de l’électricité, du gaz et des produits pétroliers (et donc de l’essence), les prix de l’énergie augmentent ainsi de 28% pour les ménages ; cette hausse aurait été deux fois plus élevée sans mesure de bouclier (+54%).

À titre de comparaison, ma facture de gaz à par exemple augmenté de 40% en Pologne sur la même période, et l’inflation s’établit aux alentours de 12% contre 6% pour la France.

Conclusion

On comprends mieux pourquoi les ménages français estime qu’ils leurs manquent 510€ par mois. Entre un endettement aux deux tiers du revenu, et une augmentation des prix de l’énergie de 28%, plus une inflation des prix de l’alimentaire dans les 8,2%, les ménages sont pris à la gorge financièrement.

On notera tout de même cet incroyable doublement de l’endettement des ménages pour l’immobilier en 20 ans. Dans un contexte de croissance, ce taux d’endettement ne pose pas de problème particulier, et contribue à soutenir le produit intérieur brut, néanmoins dans un contexte de récession qui grandit un peu plus chaque jours, les ménages français vont probablement souffrir un long moment avant un retour à la normal.

Je ne vois personnellement pas de retour à la normal tant que le conflit ukrainien ne sera pas résolu.

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